Alors le prince dit à la princesse…

Non : ce n’est pas ça du tout, j’ai encore embrayé sur mes contes de fées…

Reprenons : Alors l’auteur Hervé Boudin dit à la journaliste Marylène Geulin, sur un banc du parc d’Etelan, le 5 juin 2016 :

« L’idée de cette pièce m’est venue suite au canular que Roland Dorgelès organisa avec quelques amis à Montmartre : il emprunta l’âne de Frédéric Gérard, propriétaire du célèbre cabaret « le lapin agile » pour lui faire peindre une toile vierge avec sa queue. L’œuvre, signée Joachim Rafaël Boronali, fut bientôt exposée au Salon des Indépendants, en mars 1910. Je suis donc parti de cette affaire pour imaginer qu’une famille ruinée tente de faire passer cette croûte pour un chef-d’œuvre, afin de se renflouer. C’est une pièce écrite sur mesure pour mes sept comédiens, auxquels j’ai distribué les rôles de propriétaires du tableau, de complices de l’arnaque, de faussaire, d’expert berné, et d’écrivaine de romans policiers. Les quiproquos et rebondissements s’enchaînent… mais il est peut-être temps de la voir ? » Ce qui fut fait, devant un public immédiatement conquis, qui rit beaucoup, et fit une ovation finale aux comédiens :

Pendant ce temps, dans le pré derrière le banc, Vidocq l’âne brun et Belouga le cheval blanc, qui avaient tout entendu de la conversation entre Hervé et Marylène, se prenaient à rêver : Moi je serais bien écrivain, disait l’un, tandis que l’autre, ayant une queue plus fournie, précisait : j’aurais tout ce qu’il faut pour réussir dans la peinture. Puis ils soupirèrent de concert : Mais quand donc redeviendrons-nous les prince et princesse que nous étions jadis ? Qui retrouvera la baguette magique que la sorcière a emmurée dans le château après nous avoir jeté ce sort ?

Les photos ci-dessus sont d’ Yves Richard et Marc Boudier, que nous remercions. Quant aux fidèles de ce blog qui voudraient en savoir plus sur le canular de Dorgelès, ils peuvent trouver la photo du Père Frédé et de son âne Lolo sur Internet. Et le tableau ? Egalement visible. Il a d’abord été acheté par André Maillos pour un prix exorbitant (somme correspondant à 3500€ actuels), comme quoi le canular fit au moins une victime ! Mais Dorgelès versa la somme à une œuvre caritative pour les peintres. Le second propriétaire du chef-d’œuvre de Lolo fut Paul Bédu, dont le nom fut donné à l’espace culturel de Milly-la-forêt, où il légua sa collection, parmi laquelle figure ce « Coucher de soleil sur l’Adriatique ». On prétend qu’il serait exposé en 2016 au Grand-Palais. L’y verra-t-on vraiment ? Ou s’agirait-il d’un nouveau canular ? Si quelque internaute a la réponse, qu’il n’hésite pas à nous la communiquer.

By | 2017-08-24T22:07:10+00:00 19 juin, 2016|Théâtre|